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Situation économique nationale: le gouvernement camoufle la faillite de l'Etat
Écrit par Marc David Molli   
Mercredi, 20 Juin 2012 10:35

L'économie réduite à sa portion congrue. Ici, commerce des galettes kulikuliEconomiquement coincé et financièrement essoufflé, le régime Yayi frappe des coups diplomatiques pour camoufler une banqueroute presque visible à l’œil nu. Mais pendant combien de temps le gouvernement va-t-il se cacher derrière ses petits doigts ? En tout cas,  les indices de la faillite de l’économie nationale se font de plus en plus perceptibles.

En octobre 2011, c’est un emprunt obligataire qui a permis à l’Etat de mobiliser quelques 64 milliards de francs CFA. Cette bagatelle était  annoncée pour des dépenses d’investissement mais n’y a pas servi. Au nom de l’unicité de caisse, il est aujourd’hui difficile de savoir la destination de ces fonds mobilisés. Dans tous les cas, aucun nouveau grand chantier de développement n’a été lancé par l’exécutif plus de huit mois après cet emprunt. Autrement dit, l’argent a servi à des dépenses de fonctionnement.

En janvier 2012, le renouvellement de la licence d’exploitation d’un opérateur GSM a permis à l’Etat d’encaisser 50 milliards de francs CFA. L’occasion avait été saisie par l’argentière nationale de l’époque pour rassurer que l’Etat béninois tient debout au plan économique et financier. Et voilà près de six mois après, l’Etat béninois vient de contracter le plus gros prêt de l’histoire du régime Yayi auprès de la Banque ouest africaine de développement (Boad). Ce prêt de 115 milliards de francs CFA est officiellement destiné à l’achat des intrants agricoles aux producteurs de coton à des prix subventionnés. Mais il ne s’agit qu’en réalité que d’un argument officiel avec tout ce qu’il implique comme diplomatie.

En fait, c’est pour la première fois au Bénin que pour emblaver 413 mille hectares de coton, le gouvernement contracte un prêt de 115 milliards de francs CFA pour soit, dit-on, mettre à la disposition des paysans des intrants agricoles même à un prix subventionné de 200 FCFA le kilogramme. Il faut avoir le flaire  pour comprendre qu’un tel argument du gouvernement n’est qu’un alibi pour obtenir de la liquidité dans ses caisses afin d’assurer tout au moins le service minimum qu’il lui revient.

Tous ces indices conjugués à la morosité ambiante de l’activité économique  montrent que bien que  l’Etat béninois est financièrement à genou. A cette allure, on se demande même si le budget général de l’Etat, exercice 2012, peut atteindre un taux d’exécution de 50% à fin Décembre. Economiquement dans tous les cas, le malaise est bien plus profond que le gouvernement le présente.


 

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