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Message
- Erreur
| Education: la colonisation des Béninois par des Béninois démarre |
| Écrit par Pierre Matchoudo |
| Jeudi, 21 Juin 2012 04:42 |
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Selon des informations de plus en plus précises, le gouvernement s’apprête à lancer une nouvelle réforme (encore !), cette fois dans le secteur de l’éducation. Dans cette logique, dès la rentrée scolaire d’octobre 2012, les écoliers vont étudier en Bariba, Dendi, Fon, Peulh, Tori,, Péda, Biali, etc. Pour tenter de limiter la pagaille et le cafouillage qu’une telle réforme ne manquera pas d’entraîner, il est prévu de choisir seulement quatre ou cinq parmi la cinquantaine de langues et dialectes que compte le Bénin. L’objectif affirmé, c’est de former des cadres vraiment compétents, car selon les linguistes qui forcent cette réforme, l’on n’apprend mieux que dans sa propre langue. Mais alors, que fait-on de ceux qu’on obligera ainsi à étudier dans la langue des autres? Aura-t-on choisi d’en faire des cadres au rabais? Les promoteurs de la réforme ont tous étudié dans la langue de Molière, et pour la plupart, ont fait une partie de leur cursus scolaire en France ou dans les pays anglophones. Aucun n’a jamais utilisé sa langue maternelle. Ils n’ont cependant pas estimé à aucun moment qu’ils étaient des cancres pour avoir étudié dans la langue de l’autre. La démarche des réformateurs est d’autant plus douteuse qu’elle repose sur un autre postulat qui n’est en fait qu’est une survivance de la lutte anticolonialiste. Selon ce postulat, la langue est un instrument de domination. Par conséquent, il faut se débarrasser du Français et retourner progressivement vers les langues nationales. Seulement, ce faisant, l’on consacrerait la colonisation et la domination de certains Béninois par d’autres puisque seules quelques langues seront choisies pour l’enseignement. A terme, c’est la cohésion nationale déjà fragile qui sera mise à mal. D’autres pays ont tenté cette approche et ont fini par reculer et revenir sur la langue héritée de la colonisation et qui fait l’unanimité entre les différentes composantes de la population. C’est le cas de la Guinée où, au lendemain de l’indépendance, quatre langues ont été choisies dans l’enseignement. Le résultat a été le développement de l’ethnocentrisme qui est à la base de l’instabilité politique du pays. |
