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Gestion du pouvoir d’Etat sous Yayi Boni: Amos Elègbè franchit le rubicond
Écrit par Jacques Dossa   
Mercredi, 19 Septembre 2012 11:49

Amos ElègbèUn conseiller politique, fut-il spécial et chargé des affaires politiques du Chef de l’Etat, n’est pas un élu du peuple. Il n’assure pas des fonctions présidentielles. Mais Amos Elègbè semble confondre poste nominatif et poste électif dans la gestion du pouvoir d’Etat sous le Président Boni Yayi.

La sortie médiatique du conseiller politique du Chef de l’Etat via la chaine de télévision privée Canal3, il y a quarante huit heures, a révélé au grand jour une dérive dans la gestion du pouvoir d’Etat. En fait, Amos Elègbè confond ses fonctions nominatives aux fonctions électives du Président de la République.

Quel démocrate n’a pas été choqué par l’expression « mon peuple » répétée tout au long de l’émission par le conseiller spécial aux affaires politiques du Chef de l’Etat ? Un conseiller politique ne peut, en aucun cas, se substituer au Président de la République au point de se donner le droit  de considérer les autres citoyens comme « son peuple ». Quel mandat électif détient le conseiller politique du Chef de l’Etat pour se donner de pareilles largesses sémantiques dans une intervention télévisée? On a l’impression que le « régimiste »  Amos Elègbè manque un peu d’humilité dans l’exercice de ses fonctions actuelles. Ce qui est une dérive pour un conseiller spécial du Chef de l’Etat dont en principe les charges contraignent à l’anonymat.

Il faut faire un feed-back  dans l’arène politique d’avant 2006 pour comprendre l’attitude de l’ouvrier de la trente-sixième heure du régime Yayi. En fait, Amos Elègbè fait partie de ses « cadres du palais » d’antan viscéralement opposés à la candidature de Boni Yayi à la magistrature suprême entre 2004 et 2006. Autrement dit, il lui a fallu des actes d’allégeances et des manœuvres de toute nature pour se retrouver aujourd’hui conseiller politique du Président Boni Yayi. Le voilà maintenant cirant des aires au point de se donner des largesses sémantiques à la limite révoltantes. Si Amos Elègbè veut que ses compatriotes deviennent « son peuple » qu’il attende la prochaine élection présidentielle pour se faire élire à la magistrature suprême. Mais en attendant, qu’il contrôle son langage puisqu’il n’est pour le moment que conseiller politique du Chef de l’Etat et non Chef de l’Etat.


 

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