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Importation de riz: le choc des intérêts autour des taxes douanières
Écrit par Benoît Codjo   
Mardi, 04 Septembre 2012 12:08

rizLe fleuve Niger est sorti de son lit suite aux pluies qui se sont abattues abondamment sur Karimama, Malanvile et dans plusieurs autres communes du nord Bénin. Ce phénomène, désormais devenu récurrent, a eu pour conséquence la dévastation de plusieurs centaines d’hectares de cultures, notamment de l’oignon et du riz. C’est là un nouveau coup dur à la politique d’autosuffisance alimentaire que met en place le gouvernement à travers l’incitation à la culture massive du riz. La région affectée par l’inondation est la plus grande productrice de cette céréale. Le chef de l’Etat s’était personnellement rendu dans la plus grande usine de décorticage à Malanville pour encourager les paysans à emblaver de plus grandes superficies. Comme solution à la catastrophe naturelle, les consommateurs doivent compter encore plus sur le riz importé.

C’est dans ce contexte que s’ouvre à Cotonou, ce 3 septembre 2012, une rencontre du réseau des producteurs de l’Afrique de l’Ouest pour élaborer des propositions allant dans le sens de la protection du riz local par la mise en place de tarifs douaniers adéquats. Selon ce réseau d’experts constitués,  l’importation massive de riz venant d’Asie nuit gravement aux productions nationales. Pour eux, les pays de la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) pourraient bien s’inspirer des exemples d’autres nations qui appliquent, pour le riz, des tarifs douaniers prohibitifs dans le but de promouvoir les productions locales. «Par exemple, les pays tels que la Chine (65%), l’Inde (70-80%), l’Indonésie (40%), le Japon (778%), les Philippines (40%) et les pays de l’Afrique de l’Est (75%) assurent une forte protection de leur riziculture par une forte imposition tarifaire sur le riz». Pendant ce temps, font-ils remarquer, «le taux actuel de protection de riz est fixé à 10% pour l’UEMOA, 30% pour le Nigéria, 20% pour le Ghana et 0% pour la Gambie».

Faut-il donc taxer le riz importé plus qu’il ne l’est déjà ? Pour les producteurs locaux, la réponse à cette question est sans surprise. Produit bien souvent de manière artisanale, sans moyens techniques suffisants, leur produit revient bien souvent plus cher que celui d’importation. La seule manière de leur assurer le marché est de mettre en place des mesures protectionnistes, comme par exemple les tarifs douaniers dissuasifs.

Mais pour les consommateurs, la question n’est pas là. Le riz, nourriture de base des citadins, doit rester abordable, qu’il ait été importé ou produit localement. L’augmentation des tarifs douaniers ne doit pas être perçue comme une mesure punitive. Elle devrait plutôt être consécutive à la disponibilité du riz national en quantité suffisante et à des prix adaptés au pouvoir d’achat des couches les plus vulnérables de la population.

A ce jour, ces conditions ne sont pas remplies. Ainsi, au Bénin, malgré les efforts que fourni le gouvernement, la culture de riz reste très marginale. En effet, alors que le pays dispose d’un grand potentiel en terres rizicoles, les superficies emblavées sont pour le moment insuffisantes pour couvrir la demande de consommation.


 

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